128 pages | 195 x 265 | impression quadri sur Gardapat Kiara | relié | 85 illustrations | ISBN 978-2-86742-257-7 | 24€
 

Auteur: Alexandre Chollier

 

« Nous reposons sur le sol ; mais c’est de l’air et dans l’air que nous vivons, hommes, animaux et plantes. Sans voler comme
les oiseaux, tous les êtres qui marchent, rampent, ou fixent leurs racines dans la terre végétale n’en sont pas moins des fils de l’atmosphère. »  Élisée Reclus. Un livre qui nous fait mieux mesurer le travail de pionnier d’Élisée Reclus comme géographe, facette moins connue du révolté, volontiers anarchiste.

 

Préface

 

« Tout ce qui se pense et écrit en Europe passe dans notre lanterne magique : Genève, c’est le monde dans une noix. »

Charles-Victor de Bonstetten (1745-1832)

 

Genève est un centre, décentré. Au milieu de l’Europe, hors de l’Europe. Au bout de la Suisse, à l’extrémité de la France. Une ville rêvée plus que visitée. Et tout cela, grâce à ses livres ; à ses théologiens (Calvin), ses écrivains (Rousseau), ses scientifiques (Augustin Pyrame de Candolle), ses linguistes (Ferdinand de Saussure)… Partout, des livres. Dix millions de livres. Deux cent mille personnes vivent dans une immense bibliothèque. En vieille ville, dans ses parcs, ses musées, ses organisations internationales, ses écoles d’art, à l’Université : ses livres parlent dans chaque recoin de la cité pour Genève.

 

Publier des livres est une tradition et cela fait longtemps que la petite République est un grand centre d’édition. Jean Calvin y attire nombre d’imprimeurs et de libraires, puis crée une bibliothèque dans l’Académie qu’il institue en 1559, à l’origine de la Bibliothèque de Genève.

 

Aujourd’hui, la bibliothèque seule est riche de deux millions et demi de livres imprimés, on peut s’interroger sur le désir de vouloir ajouter des livres à tous ces livres. Dans la ville souterraine qui vit sous la bibliothèque, les places et avenues sont peuplées de compactus d’époques diverses, parfois alignés sur trois rangées successives, qui permettent aux amoureux occasionnels de se retirer du monde en silence. Ces ouvrages offrent l’image irréelle d’un monde saturé, engorgé, qui aspire à la lumière du jour et au désherbage. Et pourtant, il suffit d’un livre pour oublier tout cela, et donner envie de relire tous les autres livres, de redescendre dans cette cité silencieuse pour chercher ce qui va nous éclairer.

 

C’est sous l’égide de Charles-Victor de Bonstetten que nous aimerions confier la destinée de cette collection. Bernois, ami intime de Germaine de Staël à Coppet, ce fut un grand esprit européen. Il écrit en allemand et en français, séjourne à Leyde, Paris, Cambridge ou Copenhague en veillant à toujours revenir à Genève, où il se fixe en 1803. Sa lanterne magique décrit combien cette Ville-État frappait l’imagination des voyageurs par le cosmopolitisme de ses habitants et l’originalité de ses savants.  

 

Genève attire et rejette, parcourue d’un mouvement à la fois centrifuge et centripète : Voltaire vient, Rousseau s’enfuit, Nicolas Bouvier voyage. Elle vit longtemps à l’intérieur de ses fortifications, puis les démantèle au xixe siècle, et projette une lumière nouvelle en Europe.

 

Cette collection, « Le monde dans une noix », veut devenir ce refuge de papier pour les savants et hommes de lettres qui ont contribué à bâtir Genève dans l’imagination des voyageurs. Elle prend le relais d’une autre collection, « Belles pages de la Bibliothèque de Genève »,  dirigée par Thierry Dubois, conservateur responsable du département des livres anciens à la Bibliothèque de Genève. En réfléchissant avec lui et Marc Kopylov, l’éditeur des Éditions des Cendres, nous avons conservé de ces treize volumes, le principe du dialogue entre les images et le texte, et la volonté de mettre à l’honneur des personnalités ou des œuvres bien connues de la sphère académique, mais que nous aimerions faire connaître au-delà. C’est le cas des deux premiers volumes qui paraissent aujourd’hui. La figure d’Élisée Reclus est bien représentée sous son versant anarchiste, beaucoup moins dans sa dimension cartographique, qui nous offre une autre image utopiste. Les livres de Lafitau et de Bernard sont des classiques pour les personnes qui étudient le xviiie siècle, mais il est important aujourd’hui, quand le problème des religions et de leurs contrastes s’imposent partout dans sa violence la plus aiguë, de rechercher la source de cette histoire comparée des religions, et de ce qu’elle peut nous enseigner pour mieux comprendre les différences qui nous déchirent.

 

Alexandre Vanautgaerden,

directeur de la Bibliothèque de Genève

http://institutions.ville-geneve.ch/fr/bge/

Les dimensions du monde

24,00 €Prix